Matin de Noël

Matin de Noël

On leur a dit hier qu’ils pourraient aller dans le salon à huit heures, mais pas avant : la chambre de Papa et Maman est juste à côté, et ils veulent dormir un peu ce matin.

Ils savent que leurs parents ne sont probablement allés se coucher que bien longtemps après que leurs yeux à eux se sont fermés, à onze heures au moins. Les grandes personnes ont dû passer toute la nuit à manger et à boire, à rire et à chanter, bref à s’amuser, parce qu’hier soir c’était déjà presque Noël (les grandes personnes ont l’habitude de fêter Noël… le soir et la nuit avant Noël. Les grandes personnes sont bizarres).

Si tu ne vas pas te coucher, ce ne sera jamais demain,
et demain, c’est Noël !
Bonne nuit, Petit Ours Brun. »

Mais ça y est, c’est enfin Noël maintenant, et ça fait si longtemps qu’ils sont réveillés ! Ils ont sagement mis leurs chaussons et leur robe de chambre et ils sont tous allés dans la chambre du grand frère, parce que lui, il sait lire l’heure !

Le sapin de Noël
« Il est seulement sept heures et demie » vient de dire Grand-Frère.
« Ooohhh…! » C’est si dur d’attendre… « Allez, s’il te plaît. On ne va pas faire de bruit, on ne va pas les réveiller. D’accord, dis ? Allons voir le sapin dans le salon, et tous les cadeaux que le Père Noël nous a apportés. »

« Oohh ! Aahh ! » Exclamations étouffées de l’autre côté du mur. Ils ont vu le grand sapin illuminé, entouré de paquets de toutes les couleurs. Pendant une poignée de secondes, ils sont restés à l’entrée de la pièce, la bouche grande ouverte, écarquillant les yeux sur la vision magique et n’osant plus bouger. Puis ils se sont précipités dans la pièce qui est maintenant remplie de leurs chuchotements :
« Ce cadeau là est pour moi ! »
« Hé, regarde celui-là ! »
— Dans un éclat de rire : « Regardez ! Le Père Noël a mangé la clémentine que je lui avais laissée ! Et lui, il a laissé toutes ses épluchures dans ma chaussure, le coquin ! »

Les murmures ont vite fait de se transformer en rires et en exclamations joyeuses qui — évidemment — réveillent les parents. Allongés côte à côte, ceux-ci écoutent sans faire de bruit le son du bonheur qui traverse la cloison, en souriant silencieusement à l’autre et en eux-mêmes.

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